Le fantastique en Belgique

La littérature fantastique trouve ses racines dans les contes et légendes remis au goût du jour à la fin du XVIIIe siècle grâce au roman gothique. Les récits sont ancrés dans le réel mais, subitement, des faits étranges, magiques surviennent. Ce courant est populaire en Angleterre et dans l’est de l’Europe.

Pendant ce temps, la Belgique encore sous domination hollandaise, ne s’intéresse pas encore au romantisme et au fantastique alors en vogue chez ses voisins anglo-saxons. Ce n’est qu’en 1830 qu’elle obtient son indépendance. Une nation forte et patriote se construit et les auteurs de l’époque écrivent des romans historiques. La transition arrive avec Charles De Coster en 1867 avec ses « Légendes flamandes » dans lesquelles les événements passés et le surnaturel vont se côtoyer.

Le symbolisme qui nie tout ce qui tombe sous le sens et déforme la réalité a vraisemblablement inspiré les premiers auteurs fantastiques en utilisant des paraboles et des allégories. Des écrivains comme Georges Eeckhoud, Hubert Stiernet et Horace Van Offel usent du rêve pour faire entrer le fantastique dans leurs œuvres. L’apogée de ce style littéraire est atteint au début du XXe siècle avec le fantastique réel et les romans de Jean Ray et Franz Hellens et ceux de Robert Poulet, Paul Willems ou encore Guy Vaes qui prônent un réalisme magique.

Dans le fantastique réel, les histoires se passent dans la vie quotidienne bientôt perturbée par des situations étranges. Le réalisme magique, lui, intègre en plus un style poétique qui se différencie de la littérature fantastique anglo-saxonne et en fait une spécificité belge.

Je ne vous propose pas de liste de romans fantastiques belges à lire car, si vous aimez ce style littéraire, tout est à lire !

Photo prise par Sébastien Van Laeken