Le bal des folles

Durant le mois de juillet, j’ai lu le roman « Le bal des folles » de Victoria Mas qui allie ma passion pour la lecture et celle pour l’histoire.

Cette lecture m’a bouleversée émotionnellement et, chose très rare, après avoir refermé le livre, à la fin du récit, j’étais en colère. En colère, oui vous avez bien lu ! En colère envers cette société, envers ces hommes, envers ces femmes qui ont fermé les yeux sur le quotidien des pensionnaires féminines séjournant derrière les murs de la Salpêtrière à Paris : ces femmes deviennent les objets d’étude du Docteur Charcot, spécialiste en neurologie dont la discipline en était encore à ses balbutiements en 1885 lorsque se déroule notre histoire.

Mais, commençons par le début. « Le bal des folles » relate l’existence mouvementée de plusieurs femmes qui ont perdu leur dignité et leur liberté après avoir été admises à l’hôpital de la Salpêtrière car, en voulant s’affirmer, elles furent considérées comme folles par la société masculine représentée par leur père, leur frère ou bien encore leur mari.

Le point d’orgue de cette histoire se situe dans l’événement organisé à la mi-Carême par le Dr Charcot : le bal des folles. La société mondaine parisienne est conviée à passer une soirée , à danser masquée en compagnie d’idiotes, d’hystériques, de folles ou de maniaques. Même si, pour ma part, j’ai considéré ce bal masqué comme malsain et apparenté à du voyeurisme du point de vue des invités, le Docteur Charcot voulu, lui, faire de ces malades des femmes comme les autres le temps d’une soirée par an.

Au terme de cette lecture, je me suis demandée quels personnages étaient les plus aliénés : les folles qui ont voulu sortir de leur carcan familial ? Le Docteur Charcot et ses expériences tordues et sordides ? Le personnel de la Salpêtrière ou le Tout-Paris qui n’ont pas dénoncé ces pratiques ?

Beaucoup de questions et de sentiments divers se sont entremêlés au fil de ma lecture de ce roman de 235 pages. Une histoire courte mais tellement puissante !

Un film tiré du roman réalisé , scénarisé et interprété par Mélanie Laurent sera disponible sur Amazon Prime à partir du 17 septembre. J’ai hâte de savoir comment elle s’est appropriée ce récit !

Calendrier de l’Avent-12, 13 et 14 décembre

12 décembre:

« Quiconque a bu une tasse de chocolat résiste à une journée de voyage. » Johann Wolfgang von Goethe (1749-1832)

13 décembre:

“-Question d’amour-propre. Si Collins reconnaît une saveur particulière aux oranges de Mrs Hobson, le major préfère à tout autre son scotch whisky.” L’assassin habite au 21 (Stanislas- André Steeman (1908-1970))

14 décembre:

“Les chats, c’est comme le papier, ça se froisse très vite.” Guy de Maupassant (1850-1893)

Calendrier de l’Avent-11 décembre

Quatrième partie du cadavre exquis.

Ajoutez un adverbe. L’adverbe est un mot invariable qui va préciser la compréhension de votre verbe, de l’action de la phrase.

Exemple : Le chat mange bruyamment ses croquettes.

Le mot “bruyamment” est l’adverbe.

À suivre…

“Malpertuis” de Jean Ray

Un des chefs-d’œuvre parmi tant d’autres de la littérature fantastique belge est un roman de Jean Ray. Celui-ci s’intitule « Malpertuis » publié en 1943.

Le propriétaire de la maison Malpertuis, l’oncle Cassave, va bientôt mourir. Il convoque ses descendants et héritiers dans sa demeure. Dans les dernières volontés du mourant figure celle qui retient l’attention de tous : les personnes présentes doivent s’installer à Malpertuis et, les deux seuls survivants hériteront des biens de leur parent. S’ensuivent alors des phénomènes bizarres, étranges, de plus en plus effrayants jusqu’au drame.

Ce récit fantastique de Jean Ray a pour thème principal la maison hantée. Malpertuis est un personnage à part entière de l’histoire. Jean Ray introduit l’horreur également dans œuvre.

Une ambiance malsaine, macabre, le suspense omniprésent, la violence font de « Malpertuis » un des plus grands romans en littérature fantastique belge.

Préparez-vous à la plus grande peur de votre vie ! Frissons garantis !

Le fantastique en Belgique

La littérature fantastique trouve ses racines dans les contes et légendes remis au goût du jour à la fin du XVIIIe siècle grâce au roman gothique. Les récits sont ancrés dans le réel mais, subitement, des faits étranges, magiques surviennent. Ce courant est populaire en Angleterre et dans l’est de l’Europe.

Pendant ce temps, la Belgique encore sous domination hollandaise, ne s’intéresse pas encore au romantisme et au fantastique alors en vogue chez ses voisins anglo-saxons. Ce n’est qu’en 1830 qu’elle obtient son indépendance. Une nation forte et patriote se construit et les auteurs de l’époque écrivent des romans historiques. La transition arrive avec Charles De Coster en 1867 avec ses « Légendes flamandes » dans lesquelles les événements passés et le surnaturel vont se côtoyer.

Le symbolisme qui nie tout ce qui tombe sous le sens et déforme la réalité a vraisemblablement inspiré les premiers auteurs fantastiques en utilisant des paraboles et des allégories. Des écrivains comme Georges Eeckhoud, Hubert Stiernet et Horace Van Offel usent du rêve pour faire entrer le fantastique dans leurs œuvres. L’apogée de ce style littéraire est atteint au début du XXe siècle avec le fantastique réel et les romans de Jean Ray et Franz Hellens et ceux de Robert Poulet, Paul Willems ou encore Guy Vaes qui prônent un réalisme magique.

Dans le fantastique réel, les histoires se passent dans la vie quotidienne bientôt perturbée par des situations étranges. Le réalisme magique, lui, intègre en plus un style poétique qui se différencie de la littérature fantastique anglo-saxonne et en fait une spécificité belge.

Je ne vous propose pas de liste de romans fantastiques belges à lire car, si vous aimez ce style littéraire, tout est à lire !

Photo prise par Sébastien Van Laeken

Calendrier de l’Avent-9 décembre

Suite du cadavre exquis.

Ajoutez au sujet caché un adjectif. Un adjectif est un mot qui caractérise le sujet et qui ajoute de la compréhension qui permet de mieux cerner ce dont on parle.

A suivre…

La poésie francophone en Belgique : la Wallonie

Si la Flandre a eu de grands poètes, la Wallonie n’est pas en reste. Étant d’origine gembloutoise, j’attire votre attention aujourd’hui sur un fameux auteur de poésie et trois poètes gembloutois.

Le premier poète et non des moindres que je mets en avant est Maurice Carême. Originaire de Wavre, il commence à écrire ses premières poésies vers 19 ans, inspiré par une amie d’enfance. L’écriture est une révélation pour lui. Il sera poète en plus d’être instituteur. Il crée également une revue pour les jeunes auxquels il est très attaché. Il est surnommé « le poète de l’enfance » car la jeunesse, les enfants, les adolescents font partie de ses thèmes de prédilection en poésie. Le titre de « Prince en poésie » lui est décerné au « Café Procope », célèbre établissement littéraire de Paris. À la fin de sa vie, Maurice Carême crée une fondation qui porte son nom afin d’assurer la pérennité de son œuvre et la conservation de ses archives. De plus, il souhaite que les jeunes découvrent la poésie à travers sa maison, lieu de vie et havre de paix pour les enfants et les adolescents. Le poète décède en 1978.

À une vingtaine de kilomètres de la ville natale de Maurice Carême se situe Gembloux, terre de poésie dont les poètes se nomment Andrée Sodenkamp, Jean-Pierre Verheggen ou Émilie Decamp.

Née d’un père hollandais et d’une mère belge, Andrée Sodenkamp vit à Bruxelles. Institutrice de formation, elle est nommée en 1936 régente littéraire à l’ « Athénée de l’État » à Gembloux et enseigne l’histoire, la géographie, le français et la littérature. À 44 ans, elle publie son premier recueil de poésies sous l’égide de Maurice Carême. Ses textes ont pour thèmes la vie quotidienne, sa vie de femme, la fête, le temps qui passe, le plaisir de vivre et d’avoir vécu. En 1959, elle devient inspectrice des bibliothèques jusqu’en 1971. Andrée Sodenkamp s’éteint en 2004.

Un autre poète gembloutois est Jean-Pierre Verheggen, amoureux de la langue française et des jeux de mots. L’humour et la dérision sont ses maîtres mots en matière de poésies. Il fut professeur de français à l’ « Athénée Royal de Gembloux ». En 1990, le ministre de la culture de l’époque, Bernard Anselme, l’engage comme conseiller, et en 1992, le service de la « promotion des Lettres françaises de Belgique » le charge de missions spéciales.

Enfin, Émilie Decamp est une poétesse de 30 ans. Elle a déjà publié six recueils de poésies, un recueil de textes épistolaires et deux romans. L’humain, les relations entre les gens, la vie en général sont les thèmes abordés dans ses œuvres. Après des études de journalisme, elle travaille en tant qu’attachée de communication tout en continuant à écrire.

Œuvres poétiques :

Maurice Carême (1899-1978) :

  • « Chansons pour Caprine » (1930)
  • « Petite Flore » (1937)
  • « L’eau passe » (1952)

Émilie Decamp (1990-…) :

  • « À l’aube de la vie » : 2 tomes (2008)
  • « Micro Âme » (2014)

Andrée Sodenkamp (1906-2004) :

  • « Des oiseaux à tes lèvres » (1950)
  • « Sainte terre » (1954)

Jean-Pierre Verheggen (1942-…) :

  • « Un jour, je serai Prix Nobelge » (2013)
  • « Ma petite poésie ne connaît pas la crise » (2017)

Calendrier de l’Avent-8 décembre

C’est reparti pour le jeu du dictionnaire !

Un petit jeu : Possédez-vous encore un dictionnaire papier ? Si oui, ouvrez- le au hasard et utilisez le premier mot que vous voyez. Lisez sa définition et placez ce mot dans une conversation.

À vous de jouer et enrichissez votre vocabulaire tout en vous amusant !

Photo prise par Sébastien Van Laeken

La poésie francophone en Belgique : La Flandre

À l’aube de la Première Guerre mondiale, la poésie de langue française acquiert ses lettres de noblesse. Les poètes sont essentiellement issus de Flandre avec notamment Émile Verhaeren.

Maurice Maeterlinck se distingue aussi et le prix Nobel de littérature lui est décerné en 1911. De par son éducation bourgeoise, il rencontre certaines personnalités de son époque et, entre autres, la cantatrice Georgette Leblanc. Celle-ci est la sœur de Maurice Leblanc, le créateur d’Arsène Lupin. Ensemble, ils fondent un salon composé d’artiste et d’érudits où se côtoient Oscar Wilde, Stéphane Mallarmé, Camille Saint-Saëns, Anatole France ou bien encore Auguste Rodin. Que du beau monde et de grands artistes issus de la littérature, de la musique et des arts plastiques.

Georges Rodenbach, quant à lui, poète et romancier, est le premier auteur belge à réussir à Paris. Correspondant pour « Le Journal de Bruxelles » dans la capitale française, il devient l’ami des artistes qu’ils soient écrivains comme Alphonse Daudet ou Frédéric Mistral ou peintres tels que Félicien Rops, Claude Monet ou Paul Cézanne.

Un autre poète flamand est Max Elskamp élu membre de l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique de 1921 à 1931. Suite à un chagrin d’amour, il devient mélancolique. Cet état de tristesse ne le quittera plus et il plonge, petit à petit, dans la démence. Ses textes reflètent d’ailleurs la morosité, la nostalgie, la rêverie tout comme ceux de Rimbaud.

La poésie flamande est typiquement liée à sa région. Les paysages, les gens, la vie quotidienne inspirent les poètes. Ce style littéraire s’inscrit dans le courant symboliste. Ce mouvement permet aux artistes d’exprimer leur vision symbolique du monde par le biais d’œuvres empreintes de spiritualité. Le symbolisme a fait la réputation de la Belgique et est indissociable de l’histoire de l’art de notre pays.

Œuvres poétiques :

Max Elskamp (1862-1931) : « Dominical » (1892)

Maurice Maeterlinck (1862-1949) : « Pelléas et Mélisande » (1892)

Georges Rodenbach (1855-1898) : « Le Foyer et les Champs » (1877)