Maigret

Nom : Maigret
Prénom : Jules
Profession : Commissaire de police
Corpulence : Embonpoint
Signes distinctifs : son chapeau style « Borsalino », son pardessus, sa pipe

Tout le monde reconnaît cette description du célèbre personnage de Georges Simenon créé dans les années 1930. Mais d’où lui est venue l’inspiration ? D’abord de par ses amis policiers et de par son père.

« Mais chez Simenon, aucun personnage ne se construit à partir d’une seule pâte humaine. S’il y a un apport liégeois dans la stature de Maigret, il provient d’abord du père de Simenon. »

« Mon père, confesse Simenon, aimait tout le monde et il aimait tout.[…] Voilà pourquoi quand j’ai voulu créer un personnage sympathique, comprenant tout, j’y ai mis, malgré moi, un certain nombre de traits de mon père. »

(Citations reprises du livre La Belgique de Simenon. 101 scènes d’enquêtes de Michel Carly et Christian Libens paru aux éditions Weyrich en 2016)

Ce gentil policier, tentant de cerner à la fois le profil de la victime ainsi que les motivations de l’assassin, inspire le cinéma et pour incarner le commissaire, on retiendra le nom de ce grand acteur français-Jean Gabin-dans les années 1950-1960. Mais, c’est surtout la télévision qui popularise Jules Maigret grâce à l’interprétation magistrale de Bruno Crémer dans la série « Maigret » pendant près de 10 ans diffusée dans les années 1990-2000.

Romans célèbres mettant en scène des aventures de Maigret :

Le pendu de Saint-Pholien, 1931

L’Affaire Saint-Fiacre, 1932

Maigret chez le ministre, 1955

Maigret et le corps sans tête, 1955

Maigret tend un piège, 1955

Louisiana. La couleur du sang

Léa Chrétien est française et Gontran Toussaint est belge. Elle a scénarisé et mis en couleur ce premier album de « Louisiana. La couleur du sang » et lui l’a dessiné. Ils ont tous les deux suivi un parcours d’études à l’École Supérieure des Arts Saint-Luc à Liège. Deux artistes se sont trouvés et, de cette rencontre, la trilogie « Louisiana. La couleur du sang » a vu le jour.

Cette histoire se passe au XIXe siècle à la Nouvelle-Orléans et met en scène la vie des propriétaires d’une plantation de canne à sucre dont l’existence se mêle à celle de toute une population : des gens de couleur qu’ils soient noirs ou blancs, des esclaves, des personnes de confession catholique ou d’autres pratiquant le culte vaudou. En 1961, Louise, une dame âgée arrivant à la fin de sa vie, nous narre le destin de ces hommes et de ces femmes guidés par la haine et par l’amour.

L’expressivité des dessins rendent encore plus bouleversant le récit déjà émouvant. Je ne suis pas une spécialiste en la matière, mais j’ai l’impression que les auteurs se sont inspirés de Jean Van Hamme et de Servais pour l’expression des personnages et de Sambre pour la couleur surtout lorsque la source de lumière est faible telle qu’une bougie ou un coucher de soleil à la Nouvelle-Orléans. La lueur qui se reflète alors sur les murs ou dans le ciel lie le jaune, l’orange et le rouge, la couleur du sang.

Si mon sentiment est exact, Léa Chrétien et Gontran Toussaint sont les dignes héritiers de ces grands noms de la bande dessinée belge.

Titre : « Louisiana. La couleur du sang » (tome 1/3)

Auteurs : Léa Chrétien et Gontran Toussaint

Editions : Dargaud

Année : 2019

N.B. :

Psst ! Je dis ça, je dis rien mais la sortie du tome 2 est prévue pour fin janvier 2021.

Photo de couverture prise par Sébastien Van Laeken

Portrait chinois

Un portrait chinois est un jeu littéraire qui se déroule entre plusieurs personnes. Celles-ci doivent deviner la deuxième partie d’une phrase. Par exemple, « Si j’étais un animal, je serais… (réponse : un chat) ». Cette activité permet de mieux connaître l’individu ciblé. Je me suis prêtée à cet amusement et j’ai appris bien des choses sur ma personne. Si, si c’est vrai ! Lisez plutôt !

Si j’étais un auteur belge, je serais Georges Simenon.

Si j’étais un personnage de fiction belge, je serais Bianca Castafiore qui est une personne imposante et n’a pas peur du ridicule.

Si j’étais une illustration, je serais la coccinelle Suzette un crayon à la main, sauf qu’au lieu de dessiner je serais en train d’écrire.

Si j’étais un style littéraire qui a marqué la Belgique, je serais le fantastique.

Si j’étais un roman belge, je serais « L’assassin habite au 21 » de Stanislas André Steeman.

Si j’étais une série de bande dessinée, je serais « Mademoiselle Louise » créée par André Geerts ou « Cupidon » scénarisée par Cauvin. Chaque fois que je relis les différents tomes, je ris aux éclats.

Si j’étais un album de bande dessinée, je serais « Louisiana. La couleur du sang » par Léa Chrétien et Gontran Toussaint dont je vous parlerai demain.

Bart Van Loo et “Les Téméraires”

Bart Van Loo est né à Herentals dans la province d’Anvers, en Flandre, en 1973. Il passe son temps entre sa région natale et la Bourgogne. L’auteur se passionne pour la culture et l’histoire de la France, sujets de ses nombreux livres. Malheureusement, ces derniers ne sont pas encore traduits en français.

Un peu plus haut, je mentionne la Bourgogne, célèbre région française, sur laquelle régnèrent les Ducs de Bourgogne, les Téméraires devant lesquels l’Europe trembla.

Ces personnages sont les héros du dernier livre de Bart Van Loo : « Les Téméraires. Quand la Bourgogne défiait l’Europe » paru chez « Flammarion » en octobre 2020.

Si vous flânez dans les librairies, peut-être passeriez-vous à côté pensant que c’est un énième document d’histoire et cette matière n’est probablement pas votre tasse de thé ? Détrompez-vous ! Avez-vous regardé « Game of thrones » ? Si c’est le cas, cette série vous a-t-elle tenu en haleine, avez-vous été ému par le destin des personnages ? Si la réponse est encore oui, vous trouverez les règnes des Ducs de Bourgogne captivants et riches en rebondissements.

Ce livre se lit comme un roman dans un style littéraire, fluide et pas du tout pompeux qui plaira aussi aux amateurs de récits historiques. En lisant cette histoire, vous partagerez la vie quotidienne et les aventures trépidantes des Ducs à la manière d’un membre de la Cour du duché de Bourgogne.

Je vous en souhaite une passionnante lecture !

Quentin Gréban

Quentin Gréban est un illustrateur d’albums pour enfants. Il dessine ses propres histoires mais également des contes traditionnels tels que « Pinocchio » et « Peter Pan » que je vous recommande vivement de découvrir dans leurs grands formats.

Au niveau technique, il utilise l’huile pour les portraits mais l’aquarelle convient mieux pour le rendu qu’il souhaite.

Aujourd’hui, j’ai décidé de vous présenter un album de circonstance car la date que tous les enfants attendent approche à grands pas : « L’histoire de Saint Nicolas » paru aux éditions « Mijade » en 2015.

Il raconte la légende du grand saint qui réveille les petits enfants prisonniers chez le boucher bien que légèrement revue. En effet, les enfants ne sont pas trois mais deux, une fille et un garçon, qui s’en vont à la chasse aux papillons et non glaner aux champs. Ayant perdu leur chemin, ils arrivent chez le boucher qui les accueille pour loger. Mais, à minuit, il les couche dans un tonneau afin de les saler comme des pourceaux. Leur mère, folle de chagrin, sort de chez elle et appelle ses enfants en criant. C’est ainsi que Saint Nicolas l’entendit et non pas sept ans après. Il se rendit donc chez le boucher auprès de qui il demanda à souper. Il désirait manger ce que contenait le tonneau. Entendant ses propos, le boucher prit ses jambes à son cou et s’enfuit. Saint Nicolas ranima les enfants et les conduisit auprès de leur maman.

Le texte est agrémenté des illustrations très douces aux couleurs pastel mélangées aux dessins macabres de la maison du vilain boucher gros et gras.

Je vous conseille cet album pour faire connaître l’histoire de Saint Nicolas aux enfants dont le texte peut être lu et chanté sur l’air de la célèbre chanson « La légende de Saint Nicolas ». Un vrai plaisir !

Lisez-vous le belge ?

Tous les professionnels actifs dans les différents secteurs du livre s’unissent contre la crise du Covid-19 par le biais d’une campagne appelée « Lisez-vous le belge ? ». Cette campagne vise à revaloriser les métiers de la chaîne du livre durement touchés lors du premier confinement et de la première vague liée au coronavirus. En effet, la chaîne a été cassée, rompue. Vous n’imaginez pas ce que l’absence d’un maillon peut briser ! Si les auteurs continuaient à écrire, la date de parution de leurs livres était repoussée, les presses des imprimeurs se sont tues et des romans en manque de lecteurs sont restés cantonnés, confinés dans des cartons. Le livre était en léthargie.

Puis, enfin le déconfinement est arrivé ! Le livre était mort, vive le livre ! La réouverture des librairies a permis aux romans, documents, biographies, bandes dessinées et bien d’autres d’être redécouverts comme un besoin essentiel tout comme la culture.

La campagne « Lisez-vous le belge » a ainsi vu le jour. Elle a pour but de nous faire redécouvrir la littérature belge à travers ses auteurs, écrivains et poètes mais aussi ses illustrateurs, ses scénaristes qu’ils soient néerlandophones ou francophones.

C’est avec grand enthousiasme que je me joins à cette initiative et je me réjouis d’avance de vous faire partager mes coups de cœur en littérature belge jusqu’au 25 décembre : Georges Simenon, Quentin Gréban, Gontran Toussaint, Hergé, Bart Van Loo pour son livre « Les Téméraires. Quand la Bourgogne défiait l’Europe », Barbara Abel, Emile Verhaeren, Maurice Carême, Jean Ray pour son roman « Malpertuis ». Je vous ferai part aussi de la littérature belge en général. Alors, restez bien connectés et surtout cultivez-vous !

Qu’ils viennent du nord ou du sud, tous ces gens ont offert et offrent encore à notre pays une littérature tellement riche et font la fierté de la Belgique !

Visite du “KBR museum”

Le 19 septembre dernier, après la visite de l’exposition autour du thème de la bande dessinée, je suis allée à la KBR (la Bibliothèque Royale de Belgique) découvrir leur tout nouveau musée consacré à la librairie des manuscrits des Ducs de Bourgogne datant du XVe siècle.

En guise d’introduction, nous entrons dans une chapelle sur le mur de laquelle est projeté un court document de mise en contexte. Christine de Pizan, une des premières autrices à avoir vécu de sa plume, retrace l’épopée des souverains les plus riches et puissants de leur temps : les ducs de Bourgogne. Leur territoire s’étendait à toute l’Europe. En plus de s’occuper de politique, ces chefs d’état étaient des amateurs voire des amoureux des arts et notamment des livres, les instruments du pouvoir et de la connaissance.

Après, nous apprenons la conception des manuscrits tels que ceux que les ducs de Bourgogne ont pu acquérir :

  • Le choix du support
  • Le matériel d’écriture utilisé
  • Le métier de copiste
  • Le métier d’enlumineur
  • La reliure

Enfin, nous entrons dans le vif du sujet avec la présentation des manuscrits plongés dans une lumière tamisée afin de ne pas altérer la luminosité des pages de ces ouvrages conservés habituellement dans l’obscurité.

Quelles merveilles tous ces chefs-d’œuvre devant mes yeux ! Ces ouvrages tout en dorures sont d’une préciosité rare. Les illustrations, les miniatures m’ont surtout impressionnée par leurs couleurs éclatantes.

La visite permet aussi des activités ludiques telles que d’essayer d’écrire en « minuscule caroline » à la plume ou en d’autres écritures ayant cours à l’époque, ou encore d’animer un petit théâtre de silhouettes détaillant la Cour de Philippe le Bon, duc de Bourgogne et seigneur des Pays-Bas bourguignons de 1419 à 1467.

Hélas, la visite se termine. Il est temps de revenir au XXIe siècle mais quel passionnant voyage dans le passé de notre pays. Je ne peux que vous encourager à le faire aussi. Belle découverte !

Expo « Fête de la BD 2020 »

Le samedi 19 septembre, je me suis rendue à l’exposition organisée dans le cadre de la « Fête de la bande dessinée » à la Gare Maritime de Tour et Taxis à Bruxelles. Cet événement se voulait une expérience immersive dans différents décors de bandes dessinées. L’objectif est, pour ma part, réussi. Les univers choisis étaient très diversifiés. J’ai visité le bureau de Gaston Lagaffe, j’ai traversé la rivière par un pont de singe à la rencontre de Yakari et j’ai suivi un cours de Monsieur Latouche en compagnie de Léonie Gratin et Ducobu. Je m’y suis vraiment bien amusée !

J’ai aussi été surprise de me promener dans le potager de Yasmina et de remonter le temps avec Lucien et découvrir ses phénomènes mystérieux. Quelles jolies rencontres ! Si vos enfants veulent lier connaissance avec eux, ils apprendront l’écologie et le développement durable avec Yasmina mais n’allez pas contacter Lucien par téléphone portable, ni par mail ! A son époque, ils n’existaient pas. Ce jeune garçon vit dans les années 1960 et veut partir à la chasse aux fantômes mais… il découvrira la vie sous un autre angle.

La série « Yasmina » comporte :

  • 1 tome : « Master-classe » paru aux éditions Dargaud, scénario et dessin par Wauter MANNAERT, sorti en 2020
  • 1 HS : « Yasmina et les mangeurs de patates » paru en 2018

La série « Lucien et les mystérieux phénomènes », quant à elle, comprend :

  • Tome 1. « L’empreinte de H. Price » paru aux éditions Casterman, scénario par Delphine LE LAY, dessin par Alexis HORELLOU, sorti en 2019
  • Tome 2. « Granit rouge » sorti en 2020

Le premier prix « Atomium des enfants » a, d’ailleurs, été décerné au tome 1 de cette dernière série. Cette récompense met aussi en avant l’importance pédagogique de cette histoire.

Dès que j’en ai l’occasion, je les achèterai dans la librairie de bandes dessinées préférée (« Ad Hoc » à Namur, bien sûr !).